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Tu seras instituteur, mon fils !
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 Né à Aube dans l'Orne le 24 juin 1901, sa famille s'installe à Beaumont le Roger en 1906. Son père comptable aux usines Malhère, dirige la fanfare de Beaumont, joue du saxophone et donne des cours de musique. Marcel Mule débute sa carrière de musicien (saxophone, violon puis piano) à l'âge de 8 ans avec son père : "C'est à mon père que je dois ma réussite". En 1914, il remporte son premier succès musical à Rouen, mais il cesse l'étude de la musique pour entrer à l'Ecole supérieure de Louviers. A 17 ans, poussé par ses parents désireux de le voir épouser une carrière d'instituteur, il rentre à l'Ecole Normale d'Instituteurs d'Evreux. En 1920,il obtient son diplôme d'instituteur et est nommé à l'école communale de Beaumont le Roger.
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Marcel Mule, le saxophone et le vibrato
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 C'est au moment de faire son service militaire en 1921 à la musique du 5e Régiment d'Infanterie de Paris qu'il renoue avec la musique. Pendant deux ans, il travaille le violon, l'harmonie, le contrepoint et la fugue. En 1922, , il rencontre François Combelle soliste de la Garde Républicaine, considéré comme le plus brillant saxophoniste de l'époque. A la fin de son service militaire, en 1923, il intègre la Garde Républicaine (1er des 12 candidats) où il succède à Combelle. Sa carrière musicale est alors très variée : orchestres de variété, music-hall, jazz, participation à de nombreux concerts symphoniques. C'est à partir de 1925 que le nom de Marcel Mule commence à se faire connaître, avec une longue série de concerts en France et en Europe. Ce soldat de la Garde Républicaine a le premier fait connaître le saxophone comme instrument de musique classique, avec un répertoire impressionnant de morceaux classiques arrangés. Il prend conscience de la place du vibrato qu'il intègre dans sa manière de jouer. Le 12 août 1925, il épouse une Beaumontaise, Paulette Bourdon. Leur premier fils, Pol, naît le 16 juillet 1926 à Beaumont le Roger ; il sera flûtiste et chef d'orchestre puis directeur du Conservatoire d'Antibes jusqu'en 2000. En 1929, naît leur deuxième fils, Jacques, musicien également, 1er prix de flûte en 1947 et professeur de flûte traversière au Conservatoire de Nancy.
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Fondation du Quatuor de la Garde Républicaine et du Quatuor Marcel Mule
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 En 1928, Marcel Mule fonde le premier quatuor de saxophones, "Quatuor de la Garde Républicaine" ; leur premier concert se déroule à La Rochelle le 2 décembre 1928. Marcel Mule devient essayeur de saxophones chez Couesnon. En 1929,il utilise pour la première fois le vibrato à l'Opéra Comique : "Moi qui craignais un scandale, ce fut un succès". En 1930, il adopte définitivement cette façon de jouer. son plus gros succès fut la création du "Boléro" de Ravel. C'est aussi le début de l'utilisation d'un saxophone alto, fabriqué chez Couesnon, à la conception duquel il a participé et qui lui servira jusqu'en 1949. En 1936, il quitte la Garde Républicaine et fonde le Quatuor de Saxophones de Paris, plus connu sous le nom de "Quatuor Marcel Mule". Nombreux concerts en France, Europe et Afrique du Sud où il révèle toute la noblesse du saxophone et le hisse au même rang que les autres instruments à vent. En 1940, Marcel Mule est appelé sous les drapeaux. IL est fait prisonnier et hospitalisé pendant six semaines.
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Le maître moderne du saxophone
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 En 1942, il entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il est le premier à enseigner le saxophone, la chaire ayant été créée pour lui. (Créée sous une forme "annexe" en 1857 par Adolph Sax, elle fut supprimée en 1870). Durant 26 ans il y formera l'élite de l'école moderne et classique du saxophone avec 80 premiers prix qui partiront ensuite enseigner dans toute la France et de par le monde. Pédagogue exceptionnel, Marcel Mule est universellement reconnu comme le maître moderne du saxophone, héritier spirituel de Adolph Sax. En 1958, Marcel Mule triomphe lors d'une tournée aux Etats Unis avec le Boston Symphony Orchestra sous la direction du chef d'orchestre français Charles Munch. Marcel Mule raffermit sa réputation et impose l'image classique du saxophone à l'Amérique qui ne connaissait celui-ci qu'au travers du jazz. Cet effort laisse des marques. Ayant développé des douleurs au thorax et des essoufflements, il décide de ne plus se produire en solo. Entre temps, il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur pour services rendus à l'art.
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Un concert inoubliable à Beaumont le Roger
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 Le 10 octobre 1964, pour le centenaire de la Société Musicale de Beaumont le Roger, un concert est donné à Beaumont avec la participation du : - célèbre "Quatuor de Saxophones Marcel Mule" (Marcel Mule (Soprano), Georges Gourdet (Alto), Guy Lacour (Ténor) et Marcel Josse (Baryton)), - Danièle Perriers, chanteuse lyrique, 1er prix du Conservatoire National de Rouen, - Nicole Bruyère au piano, actuelle directrice de l'Ecole de Musique de Beaumont le Roger.
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Marcel Mule, "Le prince des instruments à vent".
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 En 1968, il prend sa retaite et se retire dans sa villa de Sanary près de Hyères. Le 24 juin 2001, ses amis et ses élèves viennent fêter son centième anniversaire ; le 18 octobre, un hommage lui est rendu à la faculté de musique de Laval au Canada avec un récital donné par un de ses anciens élèves. Il décède à Hyères le 18 décembre 2001. Par son approche globale de l'instrument et l'ouverture du répertoire, Marcel Mule a assuré le rayonnement mondial de l'Ecole française classique du saxophone. Il a marqué le saxophone tant par sa carrière de soliste que par son travail de pédagogue au Conservatoire de Paris. Marcel Mule se plaisait à dire : "Le berceau de l'école de musique du saxophone se trouve à Beaumont le Roger". Le 11 novembre 1995, l'ancienne salle de musique de Beaumont le Roger est baptisée du nom de Marcel Mule en présence de son fils Jacques, de ses amis de la Société Musicale et des Echos de la Risle. Se perpétuera ainsi le souvenir de celui que l'on surnomme le "Prince des instruments à vent".
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